Un Robert A. Heinlein : P U N° 80

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La Pièce Unique n° 80 est faite à partir d’un livre de Science Fiction de Robert A. Heinlein (1907-1988) : Starship troopers paru en 1959, sous forme de série, prix Hugo du meilleur roman en 1960.
Heinlein a été officier de marine jusqu’en 1934. Certains lui ont reproché ses valeurs militaristes mais il s’est montré très protecteur avec de jeunes auteurs de l’époque comme Theodor Sturgeon et Philip K. Dick. Il est considéré comme « une des plumes essentielles de la S F » voire « du XXème siècle » par Eric Picholle qui, avec Ugo Bellagamba, a publié Solutions non satisfaisantes – une anatomie de Robert A. Heinlein aux éditions Les Moutons électriques en 2008.

L’histoire de Starship troopers : après le grand échec d’un XXème siècle hyper-violent, l’univers est au mains de militaires. Le personnage-narrateur, Juan Rico, s’engage dans l’infanterie spatiale, fait ses classes avec des instructeurs mutilés puis ses preuves dans la guerre contre les Bugs, des arachnides.

Nouveauté… on l’a lu en v.o…. On l’offre donc à … une enseignante d’anglais, Pascale B. une femme incroyable : toujours prête à s’engager dans des projets, à créer pour et avec des élèves.

Voilà quelques « poèmes express » tirés de cette P. U. n° 80, trois livres en un :
– 12 seconds. Demonstration of firepower and frightfulness. Destroy to shine.
– A silly idea is worst under happier circumstances.
– Suppose all you have is one hand or one foot, go !
– A man was silly enough to put tanks against one flea.
– A fish in uniform smiled and spoke to the air.
– I buy your attention. You know we can’t use it.

 

Chat Bleu d’avril 2019 -2)

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On a aussi évoqué des auteurs américains :
– Historique, fabuleuse, d’une force inégalée : Flannery O’Connor (1925-1964): ses oeuvres complètes sont en quarto Gallimard : romans, nouvelles, essais sur la littérature où elle dit son credo : partir des personnages, faire sentir les choses.
– Sauvage, premier roman de Jamey Bradbury, 2019, Gallmeister. Traduction de Jacques Mailhos. « Entre thriller, fantastique et nature writing. Pour adultes et ados » ( Caroline, de la librairie Au fil des pages )
– Washington Black d’Esi Edugyan, éditions Liana Levi, 2018. Traduction de Michelle Herpe-Voslinsky : le troisième texte de cette auteure canadienne. Au XIXè siècle, à La Barbade, un jeune esclave du nom de Washington Black…
– Gratitude d’ Oliver Sacks, édition Christian Bourgois, 2016. Traduction de Salomé Wittmann.  Sacks, mort à 82 ans en 2015, avait écrit, dans les derniers mois de sa maladie, quatre essais lumineux sur la vie et la mort. Ils étaient d’abord parus dans le New York Times.
– une Mexicaine : Fernanda Melchor : La saison des ouragans, Grasset, 2019. Traduction de Laura Alcoba : inspiré d’un fait divers, la vie et la mort d’une sorcière.

et, évidemment, des Français(es) :
– Corinne Royer : de 2012, trouvable en poche, chez Babel, La vie contrariée de Louise. Cela se passe à Chambon sur Lignon, village résistant. Et chez Actes sud, 2019 : Ce qui nous revient, beau roman autour d’un fait véritable : la médecin Marthe Gautier qui se fit voler par Jérôme Lejeune la « m/paternité » de la découverte de la trisomie 21. Dans les deux livres, densité et habileté à intriquer deux histoires, personnelle et grande.
On a continué avec des textes en lien avec le soin :
– Rencontrer Darius de Mary Dorsan, P O L, 2019. C’est le troisième livre de cette infirmière psychiatrique. Pauline travaille auprès de malades criminels.
– Marcher droit, tourner en rond d’Emmanuel Venet, 2016, éditions Verdier. Long monologue d’un personnage atteint du syndrome d’Asperger pendant l’enterrement de sa grand-mère.
– Les gratitudes de Delphine de Vigan, 2019, J.C. Lattès. « Une belle histoire, de belles rencontres en EHPAD »…
– La nuit j’écrirai des soleils
de Boris Cyrulnik, 2019, éditions Odile Jacob. Sur les écrivains résilients, Jean Genet, Jean-Paul Sartre…
et puis nous sommes partis dans plein de directions :
– La solitude Caravage d’Yannick Haenel, éditions Fayard 2019 : son rapport intime à la peinture.
– Prendre la parole d’Alexis Jenni, éditions du Sonneur, un témoignage pudique de cet auteur qui devrait venir à la librairie Au fil des pages le 14 mai.

– Gare à Lou de Jean Teulé, Julliard 2019 : « drôle ! »
– En attendant Bojangles
d’Olivier Bourdeaut, paru chez Finitude en 2016, maintenant en Folio : aimé par l’une, détesté par une autre… pour la même raison : « son côté foutraque ».

Last but not least : foutraque aussi, décalé mais là, tout le monde s’accorde positivement : L’imagier Toc-Toc d’Edouard Manceau, 2018, éditions Milan. Pour tout petits.
Prochain Chat Bleu : le jeudi 16 mai .

Chat Bleu d’avril 2019 – 1)

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Nous avions le choix, pour parler livres, ce jeudi 11,
entre un Côte du Rhône rouge : un Baume de Venise, assez charnu, mais assez souple, gorgé de soleil, produit en agriculture raisonnée, vegan (c’est à dire ? demanderez-vous peut-être – nous, nous avons demandé – : filtré autrement que par du blanc d’oeuf, par exemple, par de l’argile.)
et un blanc plus minéral, un Bourgogne aligoté.
Nous avons évoqué :

 – L’université de Rebibbia de Goliarda Sapienza, paru en 1983 en Italie et en 2019 aux éditions Le Tripode : le séjour en prison de l’auteure en 1980 pour vol de bijoux. On l’y accompagne au plus près, dans les cellules ouvertes dans la journée, avec les femmes emprisonnées, Gitanes, politiques, voleuses, femmes qui veulent avorter, droguées, de milieu aisé ou plus pauvres. Toutes apprécient l’auteure et se la disputent. Elle les trouve belles. Un passage extraordinaire (p.175-181) est l’intervention d’ hommes en uniforme, d’abord pour fouiller une cellule, puis pour mater le désordre, l’effet qu’ils font à ces femmes : « … tout m’apparaît clairement : ici dedans on perd l’habitude quotidienne de l’homme, son absence physique grandit démesurément son image, rend sa force mystique. (…) dans l’expression de beaucoup d’entre elles il y a du désir pour ces hommes  tombés pour une fois au milieu de nous… »
– – — Travelling – un tour du monde sans avion 
de Christian Garcin et Tanguy Viel, 2019, J.C.Lattès : départ en porte-containers de Marseille pour New York, traversée des USA en voiture, bus, train, porte-container encore de Californie au Japon. Ferry pour la Chine. Train vers la Russie puis cars pour traverser l’Europe, passer à Auschwitz, et retrouver chacun son chez soi. Christian Garcin est un habitué des récits de voyage, pas Tanguy Viel. Garcin a déjà pratiqué l’écriture à 4 mains, pas Viel. Une réflexion sur le temps, sur la représentation qu’on a des lieux : p.76 : « Depuis longtemps New York s’est retranchée derrière son nom, comme remplie des images qu’il contient » qu’on vient vérifier plus que regarder. Et cela vaut autant pour la « Russie profonde », moins peut-être pour le Japon que la télévision a caricaturé.
Ils seront à la Galerne le 22 mai.
 Haine pour haine d’Eva Dolan, paru en Grande-Bretagne en 2015, traduit par Lise Garond chez Liana Levi. C’est le deuxième polar d’Eva Dolan en français. Le premier, maintenant en poche, a reçu le prix des lectrices Elle. C’est une histoire d’immigrés, de racisme, bien menée, avec l’inspecteur Zigic et la sergent(e) Fereira de la section des crimes de haine.

Au moment où…

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Au moment où
– on fête les 50 ans des premiers pas sur la Lune
– on peut voir, jusqu’au 22 juillet 2019, l’exposition La Lune- du voyage réel aux voyages    imaginaires : 190 oeuvres de l’Antiquité à nos jours, au Grand Palais à Paris.
– la sonde israélienne Beresheet, créée par une société privée, se crashe sur la Lune :

Lisez Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos !

Ouest Track et nous – le retour

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Bonjour !
Depuis le 31 mars, 11h, date et heure de première diffusion, vous pouvez entendre (n’importe quand )

sur Ouest track, radio sur le net,

dans Viva Culture,

nos impressions du Retour du Salon Livres Paris.

 

 

A partir du 14 avril, 11h, il est question du petit dernier des éditions  Rue du Départ : Un peu de lune dont on est forcément très fiers, comme de tout ce que nous avons fait depuis notre création en 2011… (« Si nous ne le disons pas, qui le fera ? » remarquerez-vous perfidement … Eh bien, non, les compliments sont nombreux : de lecteurs, de professionnels, d’inconnus !… Si Si, juré, craché !)

Chat Bleu de mars 2019- 2)

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Printemps des Poètes oblige quand même (un peu) :
– Le rêve d’hokusai de Jean-Paul Andrieux, illustrations (ce n’est pas le mot) de Marc Bergère, 2019, aux éditions L’oeil ébloui, installées en Pays de Loire.
Extrait :
«  Il a commencé à la forme des choses,
à leur surface.
Il finira au fond des choses,
à leur mystère. »

comme l’impression qu’un Français, Jean-Paul Andrieux, a réussi à être Japonais…
– De la mort sans exagérer de Wislawa Szymborska , Traduction de Piotr Kaminski. Poésie Gallimard 2018. Cette poétesse  polonaise ( 1923-2012) a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1996. « Des textes incroyablement dans la vie, » dit Mo : « Un ton extrêmement féminin. »

Hors poésie, des romans, des étrangers d’abord :
– Tout Russell Banks.
– Le premier roman de Catherine Elaine Morgan : Le sport des rois, paru en 2016 aux USA, en 2019 chez Gallimard, traduit par Mathilde Bach : sur plusieurs générations, après la guerre de Sécession, dans le Kentucky, le rêve de créer le cheval idéal, le « pur sang ». De fabuleuses descriptions.
– en poche : Incident à twenty-mile, dernier roman de Trevanian (1998), traduit par Jacques Mailhos, collection Totem, Gallmeister.
– Nuits appalaches de Chris Offutt, traduit par Anatole Pons, Gallmeister 2019 : on est en 1954, retour de la guerre de Corée. Moments de vie dans le Kentucky. Offutt est un écrivain rare : son dernier livre était sorti il y a plus de quinze ans.

– L’énigme Elsa Weiss de Mishal Ben-Naftali, traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, éditions Actes Sud, 2019 : reconstitution de la vie d’une Juive hongroise, devenue professeur d’anglais à Tel Aviv après son sauvetage grâce au « train Kastner ». Une vie qui a croisé la grande histoire, sortie de l’ombre par une ancienne élève de cette femme « sans qualité ».

des textes français :
–  L’école des soignantes de Martin Winckler, POL, 2019 : nous sommes dans un avenir proche, dans un centre de soignants. Le seul soignant homme est né d’un couple de femmes et porte un prénom de femme sans être genré.
– Féroces infirmes d’Alexis Jenni, Gallimard 2019 : habilement construit. Autour de la guerre d’Algérie, avec deux générations, avant 1962 et en 2015.
– J’entends des regards que vous croyez muets d’Arnaud Cathrine, éditions Verticales 2019 : dans des bars, dans des trains, 65 courts récits, inventions de vies croisées.
– juste sorti en poche chez Minuit : Article 353 de Tanguy Viel.
– Idiss, Fayard, 2018, récit de Robert Badinter sur sa grand-mère, née en Bessarabie, arrivée à Paris et heureuse là dans les années 20. Une de ces personnes qui a cru dans les valeurs de la France. Là encore une histoire intime au coeur de la grande histoire.

Quelques rencontres annoncées par Au Fil des Pages :
– 19 avril, Colombe Schmeck pour La tendresse du crawl.
– 25 avril, l’auteur de L’homme homard, en rencontre Facebook live.
– 28 juin, Valérie Zenatti
Il y en aura d’autres entre temps. Et n’oubliez pas les dates du Chat Bleu  : 11 avril, 16 mai, 20 juin, 11 juillet !

 

Chat Bleu de mars 2019- 1)

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Pour le Printemps (des Poètes), nous avons bu un vin rouge, un Saint Joseph de 2014 du domaine Richard. Ce côte du Rhône a vraiment une belle puissance en bouche. De petites tartines beurrées à l’ail des ours, herbe qui pousse à l’état sauvage, l’accompagnaient.

C’est le Printemps des Poètes et… la poésie… est dans tout bon texte ; voilà donc :

– Le dégoût – Thomas Bernhard à San Salvador d’Horacio Castellanos Moya, paru en 2018 dans la collection de poche Suites des éditions Métailié. Cet auteur salvadorien né en 1957, s’est exilé depuis 1979, au début de la guerre civile qui a duré jusqu’en 1992. Ce livre est un monologue très fort, » très Thomas Bernhard », un livre à lire à voix haute. Un personnage, Vega vivant au Canada, revenu momentanément au Salvador, parle à l’auteur. Il vitupère contre le pays et tout ce qui, selon lui, le constitue : l’inculture, les politiciens ignares et corrompus, issus de la guerre, la télévision, la circulation dans la capitale sans qualité. Exagérations et vérités se mêlent.
– Une activité respectable de Julia Kerninon,. édité en 2017 dans la collection La brune au rouergue : l’autobiographie d’écriture et de lecture de cette auteure hyper douée. Un bonheur pour qui aime les livres.
– Stockholm 73 de David Lang, éditions Allia 2019. Ce journaliste new-yorkais (1913-1981) est allé en Suède à la suite de la prise d’otages à l’origine du concept de « syndrome de Stockholm » et en a interrogé tous les protagonistes : braqueurs, otages, policiers, psychologues. Un travail de journaliste sans commentaires qui pose un fait de société.

nous n’avons pas vu que cela : nous vous en parlons vite.

Mais déjà :  les dates des prochains Chat Bleu, un vin, des livres :
à partir de 18h15,
les jeudis 11 avril, 16 mai, 20 juin et 11 juillet.

Un peu de Lune

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Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos vient de sortir, ça y est !
En fait  : un peu de lune et beaucoup de Chili.
Francisco Mouat est journaliste et écrivain chilien. Clara Montecinos est une architecte franco-chilienne. Elle traduit là une interview de Mouat et Jenaro Gajardo, le « Chilien qui possédait la lune ».
Elle nous dévoile aussi l’Histoire de ce pays d’immigration et des vies de Chiliens, malmenées par la dictature de Pinochet.

 

Un petit livre inclassable.
Une histoire vraie incroyable et d’autres à connaître absolument dans notre monde de 2019, tenté par les extrêmes.

Un Han Suyin : N° 75

Qui connaît encore Han Suyin ? Sans doute pas grand monde… Est-ce grave ? Sans doute pas…
On peut la voir, grâce aux archives de l’INA, dans des extraits d’émissions de Bernard Pivot.

Auteure eurasienne (1917-2012), elle est sans doute, par sa vie, un des premiers exemples de mondialisation : de père chinois et de mère belge, mariée à un Chinois, puis à un Anglais, enfin à un Indien, elle a vécu en Belgique, en Chine, à Hong-Kong, à Singapour, en Malaisie, en Inde, à Lausanne ! Elle a soutenu de l’extérieur le gouvernement communiste chinois, a écrit sur l’histoire de la Chine mais aussi des romans et des textes autobiographiques.
Un de ceux-ci : S’il ne reste que l’amour, paru en 1986 chez Stock,  a fini en Pièce Unique ( du fait d’un désherbage de CDI). Il évoque la maladie d’un beau-fils d’Han Suyin, une méningite tuberculeuse qui fait de ce jeune Indien un handicapé et transforme la vie d’épouse de l’écrivaine.

En voilà quelques « Poèmes express »  :
L’hôtel éveille une folle terreur : trop de chambres.
– Un collectionneur avait acheté des gardes rouges. La Chine les cherche.
– Pas un cas, depuis trois semaines, d’épaississement des membranes du cou.
– Maintenant je suis tout seul…Fidèlement.
– Après une douche, je survivrai. Pendant une angioplastie, je ne crois pas.
– Tombés amoureux de la passion, nous avons attendu la fin.

La P.U. n° 75 est offerte à Pascale L. qui connaît ce CDI et a voulu une fête orientale.

Ouest Track et nous – février 2019

Dans Viva Culture, à 11h, sur Ouest Track, la pastille Autour des Livres vous parle de :

-Valérie Zenatti, dimanche 3 février.(ci-contre, photographies de Valérie Zenatti et d’Aharon Appelfeld)

 

 

 

-Julia Kerninon, dimanche 17 février.

Toutes les deux traduisent, écrivent, et sont venues au Havre en janvier.

Cette radio est sur le net et vous pouvez entendre ces micro-émissions à la date donnée, et n’importe quand, à partir de cette date.
De même, les précédentes sont audibles à partir de leur date initiale de diffusion.