Howard Hawks : P U n° 58

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Howard Hawks, aux Editions Universitaires, Classiques du Cinéma, écrit par J.C. Missiaen en 1966.
Howard Hawks (1896-1977) est un des grands Hollywoodiens qui a touché à tous les genres : films de guerre, de gangsters, comédies, westerns, policiers.

Cette étude est offerte à Y. D., une grande amatrice de cinéma et de livres, fidèle des réunions du Chat Bleu et de Philopop.

Voilà quelques uns des « poèmes express »:
Amoureuse chute de perles. Subtil balancement de main et tendre élan.
– Deux gorilles tenant des fleurs : séduction chorégraphique.
– L’U S Army ferme les portes de sa guerre et la met au service de chewing-gum.
– Les petits renards sont nettement conçus pour le drame.
– L’homme se signale par un appareillage qui préfère les blondes.
– Remarquons les pantins, tous au bord de la crise de nerfs.
– Les dents préfèrent les little girls. C’est ce qui nous vaut l’oeil glacé du cinéma.

Si ça vous dit, à jeudi 24 mai au Chat Bleu !

Caen : « Epoque »

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Rue du Départ y a un stand, à côté des copains de La Renverse !
C’est en coeur de ville.
C’est les 26-27 mai.
C’est la quatrième édition.
Eric Fottorino et la revue le 1 sont là.
On y parle d’espoir et de paix.
Venez !

Borgès et Sabato : P U n° 57

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Conversations à Buenos Aires entre Jorge-Luis Borgès et Ernesto Sabato, parues en 1966 en Argentine, en 2001 aux éditions du Rocher puis chez 10-18.
Les deux grands écrivains sud-américains acceptent la proposition d’un admirateur et libraire : pendant à peu près trois mois, se rencontrer certains après-midi, échanger autour de l’écriture : auteurs préférés, comment vous viennent vos sujets, la traduction etc… Borgès et Sabato ont peu en commun : l’un est un grand bourgeois, l’autre pas. Sabato est au départ un scientifique. Ils ne parleront que littérature, pas politique, ils n’auraient pas été d’accord.

Voilà quelques poèmes express issus de ces conversations :
Cette phrase a assez de force, assez de puanteur.
– Elles sont toujours dangereuses, les couleurs profondes.
– Le kangourou est un cygne noir : en Australie, il n’y a que des cygnes noirs.
– Une religieuse qui a une rage de dents nie l’existence des dents.
– Un rêve rencontre quelqu’un dans mon rêve. Dialogue.
– La folie est dans la chambre, la médiocrité dans un tiroir.
– Comme la mort se prépare, les enfants sont des accumulations de crainte.


La P U n° 57 est offerte à Daniel Damart – rencontré à l’Autre Livre – des éditions Le Réalgar, implantées à Saint-Etienne. Ingénieur, entrepreneur, galériste, éditeur, diffuseur, il est force de proposition, a plusieurs vies et n’a pas l’intention de s’arrêter là. Plusieurs collections au Réalgar : poésies, lettres ouvertes (dont celles d’Eric Bonnargent évoquée à un Chat Bleu), romans ou nouvelles (ex : de Jean-Noël Blanc, voir le dernier post).

Chat Bleu d’avril 2)

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A ce Chat Bleu d’avril, vins et textes ensoleillés,
nous avons aussi parlé de :
Avec mes meilleurs sentiments de Jean-Noël Blanc, illustrations d’Elzevir, aux éditions Réalgar, 2015. Trois nouvelles : trois ambiances : on est en province, au mi-temps du XXè siècle. Histoires de couple de vieux ou de femmes. Histoires de manières de s’en sortir, de vies ou de mort. Les personnages sont là ; on les voit, on les connaît. Plutôt dramatiques, ils n’ont pas vraiment le choix, ils ne sont pas de la génération « parce que je le vaux bien »….
Les revenants, récit du journaliste David Thomson, 2016 au Seuil, prix Albert Londres 2017, sorti depuis peu en poche : enquête sur des hommes, des femmes parti-es en Syrie depuis 2012 et revenu-es. Qui ils/elles sont, ce qui les a motivé-es à partir, à revenir, leur vie là-bas, dans quel esprit ils/elles reviennent. – Et là, l’écriture inclusive se justifie : leurs destins sur place sont complètement différents du fait de leur sexe -. Intéressant et pas rassurant… Ils/elles reviennent sans plus accepter l’Occident qu’avant leur départ.
Ensoleillement toujours :
– De nouveau : Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud, Flammarion, 2018 : sur la guerre d’Algérie d’un Français qui se fait soignant pour l’éviter mais qui la voit d’autant plus dans un hôpital de l’Oranais. (Brigitte Giraud qui a fait une très belle lecture musicale d’un extrait du livre au festival Terres de Paroles, accompagnée de Sébastien Souchois, à Duclair le 26 avril.)
Moins ensoleillés :
– un coup de coeur que nous avons déjà signalé : Le grand marin de Catherine Poulain, maintenant en poche.
deux remords de Monet de Michel Bernard : lecture faite par Agnès Desarthe à Terres de Paroles (encore).
– des livres de Finlande -merci Léa – Mademoiselle van Brooklyn de Mika Waltari (1908-1979) chez Actes-sud et sous l’étoile polaire, trilogie écrite par Väinö Linna, sur une famille finlandaise rurale de 1890 à 1950. Editions Les Bons Caractères, 2011.
Sous la même étoile de Dorit Rabinyan, Pocket, 2018 : la rencontre d’un Palestinien de Ramallah et d’une Israélienne de Tel Aviv à New York
De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages de Matthias Debureaux, éditions Cavatines, 2005 : un petit traité présenté par une grande voyageuse…à qui on en avait fait cadeau…Lol.

Voilà pour avril.
Le Chat Bleu prochain est prévu le 24 mai

« Traversée » de F. Tabouret

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Chat Bleu d’avril 1)
Il faisait beau et N’senga nous a proposé des vins du soleil :
Un rouge du Languedoc, d’un petit viticulteur : domaine d’Erian, cuvée les Bermudes aux notes de fruits noirs.
Un blanc, un Uby de même cépage que le n°4 : à doux goût d’ananas.

Pour accompagner cet ensoleillement :
Traversée de Francis Tabouret aux éditions POL, 2018. Un premier livre. Francis Tabouret était un collaborateur de la revue Tigre, aujourd’hui disparue. Son métier est de convoyer des chevaux. Ce livre parle de cela mais à travers un voyage précis, de huit jours, entre Rouen, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France sur un porte-containers, avec chevaux certes mais aussi moutons et taureaux… Une première pour lui. Il évoque les animaux, son travail auprès d’eux et sa vie à bord : (P. 25) : »…, je suis monté aux barreaux d’une échelle au relief de rouille et de peinture, je me suis faufilé entre deux rangs de containers sur des grilles de ventilation, entre des câbles et des tuyaux. La voilà ! Petite cour de ferme. Les bêtes comme au fond d’une crevasse ou d’une faille géologique. Une pile de containers supprimée au centre du bateau fait que le préposé aux animaux, le palefrenier, le convoyeur, l’accompagnateur, le groom, le cow-boy (prenez le mot que vous voulez) dispose d’un couloir et peut accéder aux bêtes, qu’elles peuvent mettre une tête dehors. »

Etonnant, non ? Pour Francis Tabouret aussi, qui est spécialisé dans les chevaux :
(p.46) : »Il faut le temps, la répétition. Le métier est de faire de ce monde de ferraille et d’eau, de saillies et de trous, d’un peu de rouille, de dangers, de faire de ces quatre boîtes et de cette petite cour au fond des si hautes piles un monde d’humanité et d’animalité, une chaleur et un chez-soi. »
et qui se retrouve avec des animaux aux comportements inconnus : grégaire, le mouton (p.16) : « Ce ne sont pas des moutons, c’est un troupeau que vous prenez par la main. », (p.15) : « force comme en veille », les taureaux dans la boîte desquels il n’est pas question d’entrer pendant le voyage.

De beaux moments en mer, la place des hommes sur le bateau, les relations existantes ou non. L’arrivée, la séparation, les nouveaux propriétaires des chevaux qui ne semblent pas y connaître grand chose.
Un beau livre !

On parle des autres livres évoqués ce soir-là dans le post suivant…

L’homme invisible : P U n° 56

L’homme invisible d’H.G Wells (1866-1946) est paru en Angleterre en 1897 et en France, pour la première fois, en 1901 : Griffin, un scientifique entièrement dans sa recherche, devient un criminel : il vole son propre père, incendie un appartement, blesse des personnes. Le savant fou, prisonnier de son invisibilité mais dans la toute puissance, est sorti de l’ordre moral et en meurt.
Wells, s’il juge son personnage, s’amuse bien aussi.

Quelques « poèmes express » qui en sont issus :
Le scaphandrier se tourna pour porter le tuyau à ses lèvres.
– Explosion d’un air digne ; il n’y a rien dedans.
– Orteil et poing, j’ai l’intention de vous trahir.
– Cela se passa dans un cri puis on rangea.
– Il se leva et, l’air d’un imbécile, enfla.
– A deux mains, comprendre la sensation d’ouate.
– Il tira au hasard : la bouche éclata, langue sur les lèvres.

La P.U. n° 56 est offerte à Catherine D., professeur en retraite, femme ouverte, rencontrée lors de la première GAP (Grande Académie de Printemps) du festival seinomarin Terres de Paroles en 2017. Nous y avons partagé ateliers, lectures et spectacles.

Terres de paroles 2018

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Le festival Terres de paroles se pose dans 25 communes de Seine Maritime avec plus de 150 événements du 27 mars au 29 avril 2018.

Il a eu lieu au Havre toute cette semaine :
– au théâtre des Bains Douches avec la création de J’appelle mes frères, du romancier et dramaturge suédo-tunisien Jonas Hassen Khemiri. Mise en scène de Ludovic Pacot-Grivel avec quatre excellents comédiens dont Nadir Louatib.
– au Tétris, avec une lecture musicale à partir de Zones de divergence, dystopie de l’Américain John Feffer, avec le comédien Jean-Damien Barbin -une voix à tomber, de l’humour – et le compositeur Jean-Paul Buisson,
– à la Halle, lecture théâtrale de Marbourg de l’auteur catalan Guillem Clua,
et last but not least :
Sopro de Tiago Rodrigues / Teatro Nacional D. Maria II, au Tetris : pièce en portugais, écrite autour d’une souffleuse qui, cette fois, est sur scène : Cristina Vidal. Déclaration d’amour au théâtre, collage de souvenirs, mise en abîme. On sourit, on a les larmes aux yeux.

Comme l’an dernier, des grands moments de théâtre mais dans la proximité et la simplicité et des rencontres avec les auteurs hyper-intéressantes – et j’insiste, simples.- : ainsi, l’entrevue de Khemiri, dans un français parfait, avec les étudiants des métiers du livre à l’IUT jeudi matin !

55 : Jack London

P.U. n° 55 : L’invasion sans pareille, nouvelle de Jack London (1876-1916) parue en revue en 1910, publiée aux éditions du Sonneur en 2016, préfacée et traduite par Thierry Beauchamp.

Un récit dystopique : la Chine des années 1970-80 surpeuplée fait peur au monde et on lui envoie des avions qui déversent des tubes de verre fin qui éclataient en mille fragments dans les rues et sur les toits. (p 48)… L’Occident tue les Chinois par une vingtaine d’épidémies (p 50)…

Cela ne nous rappelle rien ? : les expériences japonaises de l’Unité 731, créée en 1932-33, activées pendant la seconde guerre mondiale ou les frappes chimiques de la Syrie en 2018…
London a – en 1910 ! – vu juste sur
– l’utilisation d’armes inhumaines – si tant est qu’il y en ait d’humaines –
et
– la démographie chinoise.

La P.U. n°55, 3 livres en 1, est offerte à Jean-François T., grand « écrivant », défenseur des mots dans un collectif de frappadingues à tendance oulipienne qui pratiquent régulièrement l’écriture par la contrainte.

Quelques exemples de Poèmes Express :
Les Chinois faisaient les Chinois, comprenaient les Chinois et l’esprit chinois.
– Grandir calmement. Et l’inquiétude cesse.
– Rien fut déjà beaucoup trop ; c’est tout.
– A peine la moitié de la vérité était possible. Et l’on n’y pouvait rien.
– Sous le regard des moustiques, de grands avions pourrissaient, empilés.

P. U. n° 54 : de Wiesel

Pièce unique n° 54 d’après Le crépuscule, au loin d’Elie Wiesel (1928-2016), publié en 1987, un an après son prix Nobel de la Paix.

Un livre dans lequel je ne suis pas vraiment entrée, pas en tous cas comme j’avais pu le faire dans son premier texte : la nuit paru aux éditions de Minuit en 1958.

Cette difficulté, la gêne face au tragique du sujet de l’holocauste et ses suites et l’irrévérence inhérente à la forme des P.U. n’ont permis que peu de Poèmes Express (… acceptables… peut-être en est-il toujours ainsi mais cela semble plus frappant encore cette fois…)
Voilà :

J’ai manqué le sofa ; question de méthode sans doute.
– Un baiser qui dura des semaines, un jour, desserra son étreinte.
– Des frissons traversent le corps des femmes d’un certain âge. Consultons.
– Un être vidé regarde le vide pour ne pas tomber sur une idée.
– Autour des malades, les humains semblent plus réels, comme des tasses.
– Né en Pologne, il est venu rayer un Soviétique.

Pour ces différentes raisons, cette Pièce Unique s’auto-détruira après la publication de ce post.

Le Chat de mars -2)

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Le livre à gagner cette fois était 6 jours de Ryan Gattis, Fayard et livre de poche, 2015. Sur les 6 jours qui ont suivi le 29 avril 1992, l’acquittement des policiers qui avaient battu Rodney King : Los Angeles à feu et à sang. Un roman choral. La dévastation vue de l’intérieur, les actions des gangs entre eux, contre la police, les magasins d’armes.

Ont aussi été évoqués :
Underground railroad de Colin Whitehead, Gallimard 2017. Le titre fait référence au réseau de solidarité que, au XIX è siècle avant la guerre de sécession, des blancs abolitionnistes avaient mis en place pour aider les esclaves noirs échappés. Epouvantable et magistral.
Alma de Le Clezio, 2017, Gallimard, beau livre sur l’île Maurice, son histoire, son évolution.
L’intérêt de l’enfant de Ian McEwan, Folio : la justesse (ou non) de la justice face à une croyance. Un beau personnage de femme mûre-juge.
Un Odyssée, un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn, 2017, Flammarion. Le père suivant le cours de fac du fils. Le lien.
Kristin Lavransdatter de Sigrid Undset, la prix Nobel de 1928, une des rarissimes (13) femmes prix Nobel de littérature : Le Moyen-âge, en Norvège. Une jeune femme refuse le mari qu’on lui réserve. Histoire et belles descriptions de paysages.
L’inconsolé de Kazuo Ishiguro, 1995, Folio. Autre prix Nobel, 2017. Une sorte de rêve surréaliste dans lequel on se perd.
La diagonale du vide de Pierre Péju, 2009 : un homme rencontre le monde et ses atrocités à travers deux femmes.
– des auteurs qu’on suit : Elena Ferrante : le 3è : « comme un feuilleton, on a l’impression de revoir une copine »; tous les Leonor de Recondo chez Sabine Wespieser : « extraordinaire comme elle parle du corps ! », Herbjorg Wassmö : sa trilogie, Jean Teulé (venu à La Galerne pour La respiration) : « son mélange du vrai et du faux », « sa truculence pour la truculence… »
Les couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître qui a conquis ses lecteurs, à la Galerne encore, dernièrement. Tout le monde, ici, a apprécié le livre précédent, Au revoir là-haut, le film qui en a été tiré, fidèle et différent, la BD tout aussi intéressante.
Enfin, un essai, La France d’hier du sociologue Jean-Pierre Le Goff, chez Stock : la France des années 1950-70

Le prochain Chat Bleu, c’est le 12 avril !