Un peu de Lune

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Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos vient de sortir, ça y est !
En fait  : un peu de lune et beaucoup de Chili.
Francisco Mouat est journaliste et écrivain chilien. Clara Montecinos est une architecte franco-chilienne. Elle traduit là une interview de Mouat et Jenaro Gajardo, le « Chilien qui possédait la lune ».
Elle nous dévoile aussi l’Histoire de ce pays d’immigration et des vies de Chiliens, malmenées par la dictature de Pinochet.

 

Un petit livre inclassable.
Une histoire vraie incroyable et d’autres à connaître absolument dans notre monde de 2019, tenté par les extrêmes.

Un Didier Daeninckx : P U n° 77

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Didier Daeninckx, on l’a adoré il y a longtemps, mais vraiment longtemps, quand on l’a découvert avec Meurtres pour mémoire !
Du roman noir historique hyper bien fichu.
Plus tard, on l’a reçu au Polar à la plage et Mathieu Vermeulen a composé une superbe petite valse pour son texte Juste deux yeux verts. Très joli moment quand on l’a vu écouter sa chanson !
Et puis il a fait un pas de côté et se positionne plus, maintenant, dans « la blanche ».
On avait acheté Galadio en pensant aux élèves et l’occasion est passée, on ne l’a jamais fait. On vient de le lire. On y apprend des trucs comme cette « République indépendante du Goulot », la mode des moules à gâteau en forme de croix gammée puis leur destruction pour la protection des « symboles nationaux« , ou les animaux jugés « perdus pour l’espèce » parce qu’appartenant à des familles juives.

Quelques uns des Poèmes Express qui en sont sortis :
– Un vieux doberman mord des flocons de neige et glisse.
– Trois Joseph Goebbels avaient déjà commencé à perdre de leur éclat sur la pelouse.
– Dormir à la bibliothèque jusqu’à la construction de l’université, trouver un coin au sous-sol.
– Une quinzaine d’enfants lancés par la fenêtre.
– Un aviateur sur une voie de chemin de fer ne vous demandera jamais de sourire.
– Derrière une affiche de cinéma malais, une couturière prend mes mesures.

La Pièce Unique n° 77 est offert à Léa, une fille assez incroyable d’intelligence et de spontanéité !

 

Un Blaise Cendrars : n° 76

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L’Or de Blaise Cendrars (1887-1961) est la Pièce Unique n° 76. L’Or paru en 1925 chez Grasset, trouvable en folio, est une sorte de documentaire-fiction, de biographie romancée : la vie de Johan August Suter qui partit de Suisse, fit fortune en Californie et fut ruiné à 45 ans par la ruée vers l’or. Ce livre – qui raconte l’échec – n’a pas du tout plu aux Américains en général et à la critique américaine en particulier.

Voilà quelques Poèmes Express issus de L’Or :
– Tête en corselet, les vieux fumaient.
– Tous les trois mois, des mormons s’égaillent quelques journées et se retirent après.
– Le sud est tropical et peut abriter la fièvre de cochons bleus.
_ Le dictateur est un honnête homme mais il choisit la grande tuerie.
– Une femme cache son excès de douceur dans un médaillon.
– Voyage en indigo. Réconciliation avec le silence.

Le livre, trois en un (texte de Blaise Cendrars, un Poème Express par jour et informations quotidiennes ) est offert à Rémy Yon, brocanteur à Pirou, cheville ouvrière du festival oulipien de Pirouésie. Il vend des livres et il les aime !

Chat Bleu de février 2019

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En rouge, nous pouvions goûter un Moulin à vent, corsé, bien dans le fruit, un beaujolais grand cru : les Seignaux. En blanc, un côte de Gascogne sec, Hirondelle, super bon.

Ils accompagnaient :
– Le témoin solitaire de William Boyle, édition Gallmeister, 2018 : une mort violente a lieu  dans un quartier de Brooklyn – le quartier de Boyle – que nous parcourons grâce à des descriptions  hyper-réalistes – le bar page 32 ! -.
– Retour à Budapest de Gregor Sander, édition Quidam, 2019 : un récit fragmenté qui nous transporte en RDA avant et après la chute du mur. Ceux qui veulent partir, ceux qui préfèrent rester. Les amitiés, les amours suspendus. Comment ils se retrouvent dans la Hongrie d’Orban. Où un système politique violent remplace un système politique violent…
– Obsession – dans les coulisses du récit complotiste de Marie Peltier, édition Inculte 2018. Marie Peltier est historienne et travaille depuis 2011 sur la narration relative au conflit syrien. Elle est ici plus générale et parle de nos comportements binaires, de nos sociétés qui se défient des politiciens et des médias, où beaucoup sont accro et sans recul vis-à-vis des réseaux sociaux.

Nous avons aussi reparlé de la drôlerie du Clafoutis aux tomates cerises, du côté Alexandre Dumas, divertissant de Couleur de l’incendie de Pierre Lemaître, de la dureté incroyable mais belle de My absolute darling,de la beauté de l’écriture de Né d’aucune femme de Frank Bouysse, la Manufacture des livres, 2019.
et encore parlé de :
– Buvard de Julia Kerninon, édition du Rouergue 2014, maintenant chez Babel : sa violence, sa qualité d’écriture.
– Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie, éditions Stock, 2018.
– Changer le sens des rivières
 , édition Julliard, 2019, de Murielle Magellan, une scénariste de série, cela se sent. Au Havre, une jeune fille qui n’a pas fait d’études, ses petits boulots.
– La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt, J’ai lu, 2011 : l’agréable histoire du kidnapping d’une grand-mère pour qu’elle ne soit pas envoyée en maison de retraite.
– Rêves oubliés de Leonor de Recondo, 2012, éditions Sabine Wespieser, maintenant en Points : quand être ensemble est tout ce qui compte.

nouveautés : en poche : L’amour après de Marceline Loridan Ivens, des jours d’une stupéfiante clarté d’Aharon Appelfeld, traduit par Valérie Zenatti. Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson. Le clan Spinoza de Maxime Rovere où on apprend beaucoup sur le philosophe, les pays où il a vécu, le judaïsme.
En grand format :
– Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé, Flammarion. Une femme emmène ses enfants…et nous entraîne aussi…
– Rendez-vous à Samarra de John O’Hara, L’Olivier. Sorti aux USA en 1934, au Seuil en 1948 : un vrai roman américain; Un geste et ce qu’il entraîne.
– Qui a tué l’homme homard ? de Jean-Marcel Erre, édition Buchet-Chastel : un polar drôle qui dit beaucoup de notre société.
– Belle amie de Harold Cobert, édition Les Escales : la suite du texte de Maupassant…

Frédéric Paulin,  La guerre est une ruse,édition Agullo, vient au Fil des pages le 28 février.

Le prochain Chat Bleu est le jeudi 21 mars : on fera partie du Printemps des poètes mais, don’t be afraid, il y a toutes sortes de poésies…en prose par exemple…

Ouest Track et nous – mars 2019

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Ouest Track sur le net, à partir du 3 mars, 11 h : Autour des livres vous parle de délocalisation de la Normandie à Paris avec :

  • 4 auteurs – artistes du Master de création littéraire du Havre à la galerie Ut Pictura Poesis, 45 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
  • 25 éditeurs sur le stand Normandie (F47) au Salon Livre Paris.
    Cette année, le thème du salon est l’Europe.

 

 

 

A partir du 17 mars, 11 h : Autour des livres est en lien avec la poésie, Printemps des Poètes oblige : suite du Salon Livre Paris sur le stand Normandie avec les éditions Lurlure, Motus…

Un Han Suyin : N° 75

Qui connaît encore Han Suyin ? Sans doute pas grand monde… Est-ce grave ? Sans doute pas…
On peut la voir, grâce aux archives de l’INA, dans des extraits d’émissions de Bernard Pivot.

Auteure eurasienne (1917-2012), elle est sans doute, par sa vie, un des premiers exemples de mondialisation : de père chinois et de mère belge, mariée à un Chinois, puis à un Anglais, enfin à un Indien, elle a vécu en Belgique, en Chine, à Hong-Kong, à Singapour, en Malaisie, en Inde, à Lausanne ! Elle a soutenu de l’extérieur le gouvernement communiste chinois, a écrit sur l’histoire de la Chine mais aussi des romans et des textes autobiographiques.
Un de ceux-ci : S’il ne reste que l’amour, paru en 1986 chez Stock,  a fini en Pièce Unique ( du fait d’un désherbage de CDI). Il évoque la maladie d’un beau-fils d’Han Suyin, une méningite tuberculeuse qui fait de ce jeune Indien un handicapé et transforme la vie d’épouse de l’écrivaine.

En voilà quelques « Poèmes express »  :
L’hôtel éveille une folle terreur : trop de chambres.
– Un collectionneur avait acheté des gardes rouges. La Chine les cherche.
– Pas un cas, depuis trois semaines, d’épaississement des membranes du cou.
– Maintenant je suis tout seul…Fidèlement.
– Après une douche, je survivrai. Pendant une angioplastie, je ne crois pas.
– Tombés amoureux de la passion, nous avons attendu la fin.

La P.U. n° 75 est offerte à Pascale L. qui connaît ce CDI et a voulu une fête orientale.

Ouest Track et nous – février 2019

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Dans Viva Culture, à 11h, sur Ouest Track, la pastille Autour des Livres vous parle de :

-Valérie Zenatti, dimanche 3 février.(ci-contre, photographies de Valérie Zenatti et d’Aharon Appelfeld)

 

 

 

-Julia Kerninon, dimanche 17 février.

Toutes les deux traduisent, écrivent, et sont venues au Havre en janvier.

Cette radio est sur le net et vous pouvez entendre ces micro-émissions à la date donnée, et n’importe quand, à partir de cette date.
De même, les précédentes sont audibles à partir de leur date initiale de diffusion.

un Jérôme Ferrari : N° 74

La Pièce Unique n° 74 est constituée à partir de Il se passe quelque chose de Jérôme Ferrari, un recueil d’articles écrits chaque semaine pour La Croix au premier semestre 2016, paru en livre en 2017 chez Flammarion puis chez Babel. Un recueil qui nous fait nous sentir intelligents, tant on est d’accord avec l’auteur, tant on a déjà auparavant pensé à ces sujets, comme il le fait – enfin, pas au niveau de la forme, parfaite, mais du fond -. Il y est principalement question de la langue, celle des politiciens et des médias, de ce qu’ils lui font subir et du sens que cela a. J. Ferrari, écrivain et professeur de philosophie, évoque aussi l’école, le bac, la vision qu’ont les parents de leur progéniture et du rôle des enseignants… C’est drôle, mordant, enlevé. A mettre entre toutes les mains !
J. Ferrari est plus connu pour ses romans, pour le prix Goncourt obtenu en 2012. Il a, en 2018, publié A son image chez Actes Sud.

Quelques uns des Poèmes Express qui en sont sortis :
Eichmann venait de créer Hannah Arendt.
– Le malheureux confetti qu’on lance demande de s’abandonner à l’existence.
– Se réjouir des kalachnikovs, en parler en mâle.
– Il existe des assassins en médecine et ils s’obstinent.
– Concepteur d’éloges funèbres, je résiste aux accents tragiques : »putain ».
– La pensée paranoïaque pose ce qu’est vraiment le sens : un complot.

Cette Pièce Unique est offerte à Isabelle R. qui a été enseignante et continue à essayer de transmettre à travers émissions de radio et association culturelle.

Chat Bleu de janvier 2019-2)

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Et puis aussi :
d’auteurs venus au Goût des autres, 2019 :
– Véronique Olmi avec Bakhita, paru chez Albin Michel en 2017 et maintenant en Livre de Poche : Histoire exemplaire et réelle, début XXème siècle, d’une enfant du Darfour, enlevée, esclave puis canonisée.
– Laurent Gaudé pour Salina, la pièce de 2003, trouvable chez Magnard. Des élèves ont pu l’entendre lire, parler avec lui et faire signer leur exemplaire, Salina les trois exils chez Actes Sud en 2018. « C’est détaillé ; on y est. »

et encore :
– La vraie vie d’Adeline Dieudonné, édition L’Iconoclaste, 2018, un premier roman qui entraîne des avis tranchés : « une histoire plate » pour l’une, « très fort » pour une autre.
– Les cigognes sont immortelles d’Alain Mabanckou, Seuil, 2018, avec un narrateur de 12 ans, sa vie avec ses parents au Congo et un coup d’état qui bouleverse tout…
– Falco d’Arturo Pérez-Reverte, 2016 éditions Alfaguara : « 1936 en Espagne. Un personnage dans le camp franquiste, un salaud qui prend peu à peu de l’épaisseur. Une fin intéressante. » Une suite est prévue. Du même auteur : Deux hommes de bien, roman historique traduit par Gabriel Iaculli, Le Seuil 2017, Points 2018 : « vraiment bien ! »
– Les soeurs Livanos de Stéphanie des Horts, Albin Michel 2018 : bio de deux soeurs, filles et épouses de milliardaires grecs. Maria Callas fait aussi partie de leur histoire.
Sorcières – la puissance invaincue des femmes, essai de Mona Chollet, éditions La Découverte, 2018 : la femme indépendante, la femme sans enfant, la femme âgée, toutes sorcières à travers les siècles, même maintenant !
– Apprendre – les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene, éditions Odile Jacob, 2018. Dehaene est actuellement président du Conseil de l’Education. Un voyage à l’intérieur du cerveau et des pistes pour les pédagogues.

On est revenus sur Le lambeau de Philippe Lançon, des romans de Zeruya ShalevMiniaturiste de Jessie Burton dont on peut voir une adaptation sur la chaîne Histoire.

A aussi été évoqué le travail d’Elsa Escaffre qui crée des objets de papier, dont des couvre-livre, trouvables à la librairie Au Fil des Pages.

 

 

Chat Bleu de janvier 2019 – 1)

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Déjà, les prochaines dates du Chat Bleu : les 7 février et 21 mars.

Le 10 janvier, les amusants et jolis noms des vins nous invitaient… à boire… : en blanc, nous avons pu goûter un Uby : « Tortue » : à déguster doucement, aux nuances florales. En rouge, un « Château d’or et de gueule », un costière de Nîmes, ambiance feria, gorgé de soleil, à note d’olive noire.

  • Nous avions l’intention d’en parler ; la mort d’Aline Kiner nous a rattrapés :  son dernier livre, La nuit des béguines était sorti en 2017. Il est maintenant trouvable en Piccolo, chez Liana Levi. Un beau roman historique qui nous plonge au XIV ème siècle, temps religieux et meurtrier, et qui nous apprend qu’un grand béguinage a existé à Paris, créé par Saint Louis : un lieu pour les femmes « qui refusaient le mariage comme le cloître. Elles priaient, travaillaient, étudiaient, circulaient dans la cité à leur guise, voyageaient et recevaient des amis, disposaient de leurs biens, pouvaient les transmettre à leurs soeurs. » (P. 9). Du féminisme avant l’heure qui n’était … déjà… pas du goût de tous.
  • Trois crimes rituels de Marcel Jouhandeau, aux éditions du Chemin de Fer, 2017. Ce recueil autour de trois faits-divers était paru chez Gallimard en 1962, Gallimard étant aussi fondateur et propriétaire depuis 1928 de l’hebdomadaire toujours existant  Détective. Compte-rendu de trois procès dans les années 50 et réflexions sur le fonctionnement judiciaire, on y retrouve la misogynie de Jouhandeau : (P. 67, à propos des jurys) : « La plus grave des erreurs, c’est d’y avoir introduit les femmes. Bien moins préparées encore que nous à ce qu’elles sont appelées à faire, elles y apportent généralement une satisfaction, une passion, voire une espèce de délire déplacés »…
  • Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti, 2019, L’Olivier : un des textes les plus émouvants qui soient : sur Aharon Appelfeld, disparu en janvier 2018. Un hommage, une déclaration d’affection de sa traductrice et interprète en français, Valérie Zenatti (qui était présente à une table ronde sur la traduction, au festival du Goût des Autres, ce 19 janvier). Elle est auteure, scénariste et ne traduit, de l’hébreu, que cet écrivain. Pour elle, il ne s’agit pas d’un métier, mais d’une proximité unique et ce livre en rend incroyablement compte. Appelfeld mort, elle visionne toutes les vidéos où il apparait, va en Ukraine dans sa ville natale, réussit à le rencontrer encore.