P. U. 52 – Bill Cardoso

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K O à la 8ème reprise de Bill Cardoso, aux éditions Allia est la Pièce Unique n° 52.
Bill Cardoso (1937-2006), écrivain, reporter, proche de Hunter S.Thompson a, comme lui, fait du « nouveau journalisme » : il apparait donc dans les histoires vraies qu’il raconte.
Ici, en 1974, à Kinshasa (RDC),c’est le combat pour le championnat du monde poids lourd de boxe de Mohammed Ali contre George Foreman que Cardoso est censé couvrir pour le New York Times. Prévu le 24 septembre, le combat est repoussé ; le journaliste doit rester plus de 50 jours dans le Zaïre de Mobutu et c’est autant de cela qu’il est question dans le livre : la toute puissance du dictateur, l’atmosphère du pays, l’impression d’être piégé.

Quelques « poèmes express » de cette Pièce Unique :
Billets et peau de léopard dans tous les halls d’hôtel et dans la chambre 263.
– Sur la 55 ème rue orwellienne rentre un vol de nuit.
– Tu places un gars face à lui, au 6 ème round, il peut devenir psychologue.
– Pour finir le Congo belge, N. ne cessait de répéter « dehors, dehors ».
– Cinquante nuits m’ont accueilli. Un membre m’a pris.
– Le gorille tout droit sorti de la villa balbutia : Quel ambassadeur ?… Le bleu.

Cette P.U. 52 est offerte à Ludovic Pacot-Grivel, responsable artistique du joli petit théâtre des Bains Douches (Le Havre) depuis 2006. Comédien, metteur en scène, programmateur et professeur, il fait partie de l’aventure Terres de Paroles depuis 2016 et, dans ce cadre, monte cette année J’appelle mes frères, une superbe pièce de Jonas Hassen Khemiri.

Nos Salons :

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Voilà quelques événements auxquels nous devons participer dans les prochains mois :

– Salon Le Livre et ses Métiers d’Art, à Montreuil-Bellay en Anjou (49), les 23, 24, 25 février.
C’est la quatrième édition mais une première pour nous, permise par la belle rencontre avec Evelyne Sagot, relieuse. (www.anima-libri.fr).

– Salon l’Autre Mars, à Paris, au Palais de la Femme -Charonne, les 16-17-18 mars.

– Salon à Montivilliers (76) le 24 mars.

– Salon Epoque, à Caen (14), les 26 et 27 mai.

– Festival Le Polar à la Plage, Le Havre (76), les 16 et 17 juin.

Mais nous en reparlerons !

Chat Bleu de février

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Cette fois, nous pouvions choisir entre beaujolais et beaujolais. Rouge et blanc. Les deux étaient du même producteur : château de Belleverne, d’agriculture biologique, travaillant de petites parcelles. Le rouge : un Saint Amour, cuvée « La Madone » : un vin souple, dans le fruit, assez vif. Le blanc, sec, avec une petite pointe de fruit.
Les livres :
– de la S.F. :Le pense-bête de Fritz Leiber (1910-1992), publié la première fois en 1962 aux USA, maintenant trouvable aux éditions Le Passager Clandestin, collection Dyschroniques. Cette collection a pour programme : « Lorsque les futurs d’hier rencontrent notre présent… ». Leiber imagine l’homme assisté par ordinateur, ici appelé « mémoriseur ». Greffé sur l’épaule, il prend bientôt le pouvoir sur la société et les cerveaux qui croient l’utiliser.
– un document : Dans la peau d’un chef de gang de Sudhir Verkatesh, texte de 2008 aux USA, édité chez 10-18. L’auteur est, au moment où commence ce livre, étudiant en sociologie à l’université de Chicago. Allant à l’encontre du mode opératoire habituel de l’étude sociologique et même de la légalité, il est au contact d’un jeune chef de gang vendeur de crack et il raconte tout ce qu’il voit, ce qu’on lui permet de vivre et de comprendre du fonctionnement du territoire de ce gang : règlements de compte, discipline, place des femmes etc.

Puis,
– liée à la sortie du film, relecture de La Promesse de l’aube de Romain Gary et, dans la foulée, du même auteur, une chronique, Chien blanc », en Folio.
Le diable par la queue de Paul Auster, 1996, Actes Sud, suite à sa venue au festival le Goût des autres.
Dankala d’Isabelle Sivan, éditions Serge Safran, 2018 : un premier roman se passant dans un pays (imaginaire) d’Afrique, continent où l’auteure a passé son enfance, un focus sur les expatriés qui s’y ennuient alors que des assassinats ont lieu.
Paysage perdu de Joyce Carol Oates, édition Philippe Rey : la vie de cette grande et prolifique écrivain jusqu’en 2006, par petites touches.
La beauté des jours de Claudie Gallay, Actes Sud 2017 : une femme, sa vie ordinaire croise celle de l’artiste Marina Abramovic. Fascination.
la femme de l’ombre d’Arnaldur Indridason, Métailié, 2017 : histoires qui s’enchevêtrent dans l’Islande, occupée par les Américains, des années 1940.
Eclipses japonaises d’Eric Faye, Seuil, 2016, trouvable en Points : des personnes qui se volatilisent…
– enfin, un essai : Internet rend-il bête ? de Nicholas Carr, 2011, éditions Robert Laffont : nos développements cérébraux sont modifiés par l’ordinateur… (Eh Eh ! on revient au Fritz Leiber du début…)

Prochain Chat Bleu : jeudi 22 mars.

Noëlle Châtelet – n° 51

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Noëlle Châtelet a écrit La dernière leçon en 2003. Un livre témoignage dont elle espérait peut-être qu’il ferait changer la loi sur la fin de vie. Un livre sur la mort voulue, programmée, mise en place par sa mère de 92 ans, calmement, de manière réfléchie, sans pathos.
Ce livre, s’il n’a pas changé la loi, a été prix Renaudot des lycéens 2004.
Noëlle Châtelet est philosophe mais ce n’est pas sous cette étiquette qu’elle a écrit ce texte. C’est sous celle de fille immensément proche de sa mère qu’elle raconte la préparation, les mois passés à entendre, comprendre puis accepter le geste définitif que VEUT cette personne, ancienne sage-femme, le droit qu’elle revendique : mourir dans la dignité, au moment où elle sent ses forces s’en aller, où elle sait qu’elle ne sera plus ce qu’elle a été, un être responsable, entier et qu’elle refuse cet état de chose.

J’avais acheté ce livre en collection Points en pensant pouvoir le travailler avec des élèves allant en EHPAD. Je ne l’ai pas fait car, plus qu’un livre sur la fin de vie ou la personne âgée, il s’agit d’une incroyable lettre d’amour, fusionnel, rare. Un amour qui accepte la décision définitive de l’autre.

Il est devenu la Pièce Unique n° 51 sous le titre de Le non carre le délit.
En voilà quelques poèmes express :
Je t’avais fait dans les bras aimants à bords coupants.
– Un flocon de neige envie la brousse et le crocodile.
– C’était ma liberté de m’empêcher.
– Sous le vent de novembre et le ciel trop bas, Dieu a un peu raison.
– Manquement, petites trahisons, liste en toute lucidité.
– A chacune de mes pierres, tu voyais des diamants.

Comment offrir ce livre ? A qui ? Le hasard -d’une boîte à livres ou d’une loterie au Chat Bleu- en décidera.

La route bleue

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La route bleue de Kenneth White (voir aussi le post précédent : Délocalisés) est la Pièce Unique n° 50.
White ouvre son livre par une citation de Shôbôgenzô : «  La voie s’accomplit. La neige tombe en mille flocons. Plusieurs rouleaux de montagne bleue viennent d’être peints ».
Japon encore : « on entre dans le monde du givre….pays du haïku. » (p. 36)
Melville et Thoreau sont là aussi.
L’ambiance est donnée. Ambiance de « géopoétique ».
Il serait bon de « sortir de l’histoire  pour entrer dans la géographie.«  (p. 64) : géographie humaine et politique, vie des Indiens au Labrador. « Je me demande quand nous allons nous débarrasser de toute cette toponymie évangélique. Je ne connais pas le nom indien de ce lac mais je suis prêt à parier qu’il était beau et précis (…) nommé par des gens qui le connaissaient vraiment, qui étaient en contact avec sa réalité physique. » (p.45)

Voilà quelques Poèmes Express issus de ce livre :
– Un oeuf. J’en entends la rumeur. Tout au fond, sérieux.
– Molasses, les gros cargos me sautillent dans la tête.
-J’ai failli dénicher le paradis mais je suis anarchiste.
– Je me demande quand nous allons nous débarrasser de l’arrière de la tête.
– Il neigeait des petites filles et des gloussements.
– La brume. Je peux lui mettre des skis, la saison finie.

La Pièce Unique n° 50 – 3* livres en 1 – a été offerte à F.B., lectrice enthousiaste et ouverte. Notre première rencontre, par hasard, a duré deux heures. Deux heures de conversation autour du livre. Depuis, nous nous sommes pas mal revues, toujours ou presque autour du livre.

* = texte originel + Poèmes Express surlignés, un par jour + Information du jour.

Délocalisés

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Pour raison de Goût des autres, un Chat Bleu, le jeudi 18 janvier, n’était pas forcément une bonne idée. Proposition d’une lectrice : un autre jour, une rencontre délocalisée, privée, chez elle… Vous savez, les salons… comme aux XVIII è – XIX è siècles …ouah !…

Donc, voilà, délocalisés pour cette fois, les livres dont il a été question :
– Nos richesses de Kaouther Adimi, Seuil, 2017 : le troisième livre d’une auteure née en 1986 à Alger, vivant à Paris, un hommage à l’éditeur-libraire Edmond Charlot, son parcours porté par l’amour du livre, des auteurs. D’Alger à Paris… et retour. Un fabuleux passionné, c’est sûr. Un mauvais gestionnaire peut-être, victime en tous cas des événements entre la France et l’Algérie. Une bio-fiction, basée sur un (vrai/faux : ?) journal intime.
La daronne d’Hannelore Cayre, Métailié 2017 : – allez, on vous le dit… avant la présentation officielle, le 4 février, à la médiathèque Niemeyer au Havre : Hannelore Cayre  a répondu OUI à l’invitation du Polar à la plage. Elle vient au festival, mi – juin. –
Son roman est plein d’humour, pas toujours politiquement correct. Elle rejoint par exemple Didier Fassin (L’ombre du monde, Points Essais) sur les prisons improductivement pleines de porteurs de quelques grammes de drogue – et elle s’y connaît puisqu’elle est d’abord avocate pénaliste. Mais elle peut aussi cibler les EHPAD… Réjouissant, vraiment !
– La route bleue de Kenneth White, 1983 Grasset (prix Médicis), réédité en 2013 et en 2017 par les éditions Le mot et le reste. Ecrivain voyageur né en Ecosse, vivant en France, il parle là du Labrador, un de ses rêves d’enfance, du point de vue de sa nature, de ses habitants, de tout ce que cela crée en lui : sensations, réflexions, poèmes. Kenneth White a inventé la géopoétique.

Ont aussi été évoqués :
– La jeune épouse d’Alessandro Baricco, 2016 Gallimard, trouvable en Folio.
– Les étoiles de Sidi Moumen de l’écrivain et plasticien marocain Mahi Binebine, 2010, Flammarion. Sur les mécanismes de radicalisation, l’embrigadement des jeunes.
– Lucie ou la vocation de Maëlle Guillaud, chez Heloïse d’Ormesson, 2016, écrit pour comprendre la foi, l’enfermement accepté.
– trois romans à propos de l’Algérie, de la guerre : Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud,  L’art de perdre d’Alice Zenither, tous les deux chez Flammarion, 2017. B. Giraud parle d’un jeune Français qui ve veut pas tuer et vit cela du côté des soignants. A. Zenither évoque trois générations entre Algérie et France, des harkis. Dans l’épaisseur de la chair de Jean-Marie Blas de Roblès, 2017, Zulma est un « roman vrai » autour de son père.
Par amour de Valérie Tong Cuong, livre de poche 2018 : deux familles havraises entre 1939 et 45.
– Blonde de Joyce Carol Oates, livre de poche 2002 : « roman biographique ou biographie inventive » de Norma Jeane alias Marilyn Monroe. Plutôt contemporain si on pense à H. Weinstein, ce Hollywoodien qui a su …si bien… parler à l’oreille des femmes…
Donc, des romans principalement, mais aussi :
– Le miracle Spinoza de Frédéric Lenoir, 2017, Fayard. Le philosophe du XVIIè, nous et la joie.
– tout Gilles Kepel et son travail sur l’islamisme.

Nous revenons au CHAT BLEU le 1er février, 18H15.

N° 49 : Un vivant qui…

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Un tout petit livre pour une énorme horreur :
Un vivant qui passe, Auschwitz 1943-Theresienstadt 1944,
entretien entre Claude Lanzmann et Maurice Rossel en 1979, (Folio).

Maurice Rossel travaillait pour la Croix Rouge pendant la seconde guerre mondiale. Il était en poste à Berlin et a pu visiter le « ghetto modèle » de Theresienstadt* et Auschwitz. Il a ensuite écrit des rapports lénifiants sur ces lieux, ce qu’il y avait vu, ce qu’on avait voulu lui montrer. Le pire n’est peut-être pas là mais dans ce qu’il dit durant l’interview, plus de trente ans après : p.54 : « J’ai cru, et puis je le crois encore, qu’on m’a montré un camp pour des notables juifs privilégiés*. (…) Le comportement des gens était d’ailleurs tel que c’était fort antipathique. »…
(Claude Lanzmann) p.75 :
« – Vous regrettez ce rapport aujourd’hui ?
– Je ne vois pas comment j’en aurais fait un autre. Je le signerais encore. »……………………

Voici quelques « poèmes express » nés de ce texte :
1)- Il faut être rien et dire les squelettes.
2)- Ce dieu, assez riche pour posséder un quart de Budapest, a des griffes.
3)- Là, au bout d’un certain temps, des machins croyaient en l’horreur.
4)- Ils avaient tout. Ils l’avaient comme des fous.
5)- On attend encore un peu la preuve de la terreur.

Parallèlement à ces poèmes, les informations du jour trouvées dans le journal Le Monde : quelques unes glaçantes :
3)- Autriche : l’extrême droite FPÖ obtient trois ministères régaliens : la défense, l’intérieur, les affaires étrangères.
4)- Canada : des synagogues cibles de messages antisémites lors de la fête d’Hanoucca.

Cette Pièce Unique a été envoyée à Dominique Baillon qui a toujours travaillé pour le livre, en tant que Drac en Picardie puis par des articles dans une revue en ligne Encres vagabondes. Nous nous sommes rencontrées au festival du Polar à la plage au Havre où elle venait pour retrouver des auteurs amis tels que le grand et regretté Pascal Garnier.

Chat bleu de décembre

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En dégustant ou un Bordeaux rouge, montagne Saint Emilion 2013 ou un Gewurtztraminer vendanges tardives d’un petit producteur récompensé comme le meilleur de France – moelleux, ample en bouche, à goût de fruit confit, parfait pour les petites tapas spécial Noël qui l’accompagnaient – nous avons évoqué :
– la plaquette d’Eric Bonnargent : Lettre ouverte à ma bibliothèque, chez Réalgar : une déclaration d’amour aux livres, un petit inventaire vivant de ceux qui comptent pour le personnage nonagénaire /auteur trentenaire, professeur de philosophie.
Manuel d’exil de Vélibor Colic, chez Folio depuis peu : roman vrai de celui qui vient en France avec son bac + 5, sa culture, son (court) passé d’écrivain et se retrouve dans un foyer avec d’autres migrants, son envie d’écrire, de s’en sortir. Humour : (p. 11) « J’ai 28 ans et j’arrive à Rennes avec pour tout bagage trois mots de français – Jean, Paul et Sartre. » Désespoir : (p. 21) «  Le nouveau monde autour de moi est anguleux et dangereux. Je le vois comme un gigantesque flipper. Je me cogne tout le temps, partout où je passe » (…) Je suis mal adapté »… Soulagement :  … » invité et sauvé par le Parlement des Ecrivains ». Humour encore :quand  il mange de plus en plus, grossit de plus en plus, se sent (p. 179) « un vrai Yougo dur à cuire » qui, avec les mêmes désirs,… ne séduit plus… ou alors….
– Bondrée de Andrée A. Michaud, Rivages poche : un polar du Québec qui se passe au bord d’un lac, à la frontière entre USA et Canada, pendant des vacances dans les années 60. Des québécismes, des américanismes. Le besoin d’un traducteur pour l’inspecteur francophone. Une belle langue aussi au moment de la mort des jeunes filles.

Et aussi, en romans  :
– Ecoutez nos défaites de Laurent Gaudé, Actes Sud qui se passe sur trois époques, auprès de trois chefs de guerre. Mélancolique.
– Ma reine de Jean-Baptiste Andréa, éditions l’Iconoclaste : « belle naïveté » ou « fausse fraîcheur » ? Un premier livre qui a reçu des prix.
– Trouvé dans une jolie librairie à Florac : Le reste est silence de Carla Guelfenbein, Babel. Au Chili, la découverte de secrets de famille.
– Chanson douce de Leïla Slimani ( Gallimard 2017) : une écriture directe et concise.
– Cette chose étrange en moi d’Orhan Pamuk, ( Gallimard 2017) qui s’écoule sur des décennies, dans des quartiers d’Istanbul.
– Les fantômes du vieux pays de l’ Américain Nathan Hill, énorme premier roman ( Gallimard 2017).
– Article 353 du code pénal de Tanguy Viel, Minuit, 2017
En polars :
– les livres de Franck Bouysse à la Manufacture de livres, d’ Edouard Abbey chez Gallmeister, du Finlandais Anti Tuomainen, trois traduits aux éditions Fleuve.
En essais ou documents :
– Gabriële, biographie de la première femme de Picabia, par ses arrière-petites-filles Claire et Anne Berest, ed. Stock, 2017
– Cherubini de Marc Vignal, éditions Bleu nuit 2017
Des hommes qui lisent d’Edouard Philippe, chez J.C.Lattès, 2017.
– Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi, en 10-18, (toujours intéressant quand, aux informations, on vient d’entendre que plus de 200 jeunes viennent d’être arrêtés pour avoir fait une fête ensemble, hommes et femmes mélangés).

Décidément, les femmes lisent beaucoup !
Des livres récents ! de maisons d’éditions « dominantes »… !

drôle de cadeau !

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A un jeune, Arthur, qui veut – peut-être – faire des études d’histoire…
une Pièce Unique à partir de Les derniers jours du Fort de Vaux du capitaine Henri Bordeaux, paru en 1934 aux éditions Nelson. Une ode à la guerre, au sang versé pour quelques mètres pris, repris, re-repris. Un « que la mort est jolie » pour sa patrie…

A mettre en parallèle avec des livres édités en l’honneur du centenaire comme  L’enfer de Verdun de Félicien Champsaur, (2015, éditions Le Vampire Actif, installées à Saint-Etienne) qui montre l’horreur de ces combats et ne remet pas non plus en cause la justesse du carnage.

Voilà quelques « poèmes express » nés du H. Bordeaux :
La cadence dépouille un mort, le soulève, le débouche et l’écrase.
– Un fracas rouge s’allonge tandis que la vallée s’emplit d’une vapeur opaque.
– Le coeur battant, les camarades écoutent : silence, un caillou a roulé.
– Recommencer la journée, choisir et poser la main sur une poitrine.
– Les hommes remontent la pente et se jettent dans du vin.
– Quelques heures plus tard, lavé, nourri, apparaît un cas grave,un fils unique.