Claudio Magris : Danube 2)

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Autres Poèmes Express venus de Danube de Claudio Magris :

Plus loin coule un petit soleil couchant, se taille un grand général.
– Courbes des moines, rotondité du curé.
– Au moment de sa mort, elle était tombée d’un livre.
– Eternellement pharaon, l’opiniâtre enraciné dans son musée.
– L’histoire décide, se nourrit de mites et de destins.
– Un opéra a de tragique la couleur de la poussière.
– La révolution fait le vide dans nos enfants.
– Il y a quelques années l’éternité a eu tort de s’en aller.
– Les éléphants s’envoient des torgnoles et moi, je me demande où je suis.
– Les enfants boivent les femmes. C’est l’abandon total à l’écoulement sans fin.

Cette Pièce Unique est destinée à une spécialiste de « géographie littéraire » qui travaille sur un autre fleuve, la Seine : Sonia Anton, maître de conférence à l’Université du Havre, membre du GRIC (Groupe de Recherche Identité et Culture).
Elle est l’auteure, entre autres, d’une cartographie littéraire du Havre et de Promenade littéraire au fil de la Seine.

Un Claudio Magris : P U N° 122

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Danube de Claudio Magris, paru en Italie en 1986 et en France deux ans plus tard est la Pièce Unique N° 122. En 1990, prix du meilleur livre étranger, cet essai nous emmène de la source (ou plutôt des sources) de ce fleuve au delta. Magris se fait géographe, historien des territoires parcourus et de la littérature. Il y a alors encore deux parties d’ Europe, pas encore de guerre en Yougoslavie. Et le livre montre bien, à travers les différents peuples venus et installés là, combien toute paix est précaire, voire impossible.

Poèmes Express qui en sont issus :
Quelque chose dans les livres d’enfance était du temps pur, refermé sur soi.
– Les flâneurs se plaisent, toutefois ne parviennent à rien.
– La vie enseigne l’art militaire de la séduction, et l’amour quelquefois.
– Portraits de famille dessinés par les siècles, clapotis absolus.
– Dans le nez, l’air. Dans les pantalons, architecte, savant, imprimeur et restaurateur.
– Les ruines racontent, la barbarie regarde, la frontière domine.

Le livre est si épais – la Pièce Unique  a été commencée mi-juin 2020 – que beaucoup de Poèmes Express paraissent « possibles / sympathiques ». De ce fait, on y reviendra dans un prochain post.

Un Orwell : P U N° 121

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La ferme des animaux, de George Orwell (1945), dans la traduction de Jean Quéval, est la Pièce Unique N° 121. Depuis, sont sorties deux autres traductions, dont la toute nouvelle de Charles Recoursé.
Dans cette oeuvre bourrée d’humour – et qui rend triste en même temps -, Orwell transcrit, en fabuliste du XXème siècle, l’histoire politique humaine dans la vie animale. Les cochons remplacent les hommes, et on assiste à toutes les étapes du socialisme soviétique : rejet d’un des chefs,  manifestations orchestrées, famine, mauvaise rétribution des masses, richesse des élites, mensonge institutionnel, passé revisité, alliance avec le « méchant ».

Voilà quelques Poèmes Express :
– Les paroles se perdent et l’homme se pend.
La boule de neige future ne venait à l’esprit de personne.
– A bout d’instants, il n’y avait plus de vestiges.
– Le soir lui faisait mal les premiers temps.
– Remettre les mains des hommes, s’occuper de la conversation.
– Dossiers jetés au feu et flou des souvenirs, tout allait mieux désormais.
– Monde émoussé : les vieux avaient l’air perdus.

Ce livre – 3 en 1 – sera envoyé à Charles Recoursé qui se demandera sans doute ce qui lui arrive…

Un Balzac : P U N° 120 :

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Le père Goriot est la Pièce Unique N° 120. Important morceau de La comédie humaine (1829-1850), ce livre, commencé en 1834, est d’abord publié dans la revue de Paris.

Il y est question d’amour paternel irraisonné et d’égoïsme filial monstrueux. D’argent, de classes sociales. De désir,  de traîtrise, de petitesse.
On y rencontre pour la première fois les personnages de Vautrin et de Rastignac. Et ce dernier est alors encore pur. Arrivé depuis peu à Paris, il entre dans le grand bain de la haute société.

 

Voilà quelques Poèmes Express issus de ce roman :
– Trop jeune pour être moral, il était sphinx.
– Il l’avait épousée en distrait, n’en était pas la proie.
– Il pue, Dieu, quand il vous ressemble.
– Nous voulions sur la pelle sa langue collée.
– Scier le cou. Et en garder la vieille chair.
– Aimer une émue dans son adieu mouillé.
– Mets en route l’indignation et viens. 

Le Père Goriot ( augmenté donc de « Poèmes Express » et d’informations de 2020/21…) est offert à Jean-Maurice de Montrémy, éditeur chez Alma, parce que cette maison a rajeuni et embelli ses publications. On aime l’impression de confort dû au format d’un livre comme Domovoï de Julie Moulin. Et sa simplicité chic : couverture blanche, juste le titre.