Chat bleu : janvier 2020

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N’senga, le 9 janvier, nous offrait
en rouge un Montagne Saint Emilion 2015, Château du Vieux Bonneau : capiteux.
Ou un rosé d’hiver, de la presqu’île de Saint-Tropez, un rosé primeur : raisins de l’année récoltés en vendanges plus ou moins tardives, une nuit de pleine lune… ! : des « grains de glace »qui donnent quelque chose de très frais en bouche et une belle robe cristalline.

Les livres qui les accompagnaient :
– Sisyphe est une femme de Geneviève Brisac, éditions de l’Olivier, 2019 : une mine d’idées de lectures d’auteurEs. On en parle sur Ouest Track radio, dans la pastille Autour des livres de Vivaculture, le 2 février, à 11h. C’est audible, ensuite, en podcast.
– Péquenots de Harry Crews, éditions Finitude, 2019, traduit par Nicolas Richard. Harry Crews (1935-2012) est un (très bon) auteur américain de romans noirs. Ce livre est une compilation de reportages ou de textes plus ou moins autobiographiques, parus dans des revues entre 1974 et 1977. Il y parle de l’Amérique, de randonnées, des rednecks, de l’après Vietnam, de l’écriture. Il a une tête de dur à cuire (c’est lui sur la première de couv.) et son for intérieur est calciné.
– Top réalité de Donald Westlake (2004), traduit par Pierre Bondil (2014), en poche Rivages noir : la dernière aventure du personnage récurrent Dortmunder.
Westlake a beaucoup écrit, sous ce nom et sous d’autres pseudonymes (dont Richard Stark). La série des Dortmunder est un bonheur, pleine d’humour, plutôt déjantée. Avant ce livre, j’avais adoré Comment voler une banque  et Mauvaises nouvelles à cause des situations, des dialogues, de l’équipe de voleurs atypiques et sympathiques.

Cela nous a amenés à d’autres romans noirs :
– Paz de Caryl Ferey, en Gallimard Série noire, 2019 : son dernier roman, comme toujours très documenté, sur la Colombie. Très bien écrit et très violent.
– Le couteau de Jo Nesbo, aussi en Gallimard Série noire, 2019, traduit par Céline Romand-Monnier. Un Harry Hole. Lu d’une traite. Nesbo nous entraîne sur de fausses pistes et on se laisse faire.
– Le royaume des perches du Finlandais Marti Linna, chez Gaïa, 2013, traduit par Paula et Christian Nabais. Un lac, Une femme morte. Une obsession. Bien plus calme qu’un Nesbo.

Mais pas que des romans noirs :
– La panthère des neiges de Sylvain Tesson, Gallimard. Prix Renaudot : des paysages ! un vocabulaire !
– des Patrick Modiano tous chez Gallimard et en Folio ensuite : Souvenirs dormants, 2017. Un pedigree, 2006 ,sur son enfance, son abandon. Son dernier : Encre sympathique, dans Paris toujours, un peu rocambolesque.
– un document : Les amnésiques de Géraldine Schwartz, Flammarion 2017, en poche Libres champs, 2019 : le comportement de tout un chacun durant la période nazie. La complicité, l’adhésion. Passionnant.

Le prochain Chat bleu, c’est jeudi 6 février. A bientôt ! ?

Un Alain Mabanckou : P U N° 96

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La Pièce Unique n° 96 est le roman Verre Cassé d’Alain Mabanckou, paru au Seuil en 2005, trouvable en collection Points. Il a, pour ce livre, reçu de nombreux prix (des Cinq Continents, de la Francophonie, Ouest-France, Etonnants voyageurs, RFO du livre). Oui, tout ça. Normal, c’est un texte particulièrement brillant : le monologue très oral, sans aucun point, seulement rythmé par des virgules d’un client du café Le crédit a voyagé. Il se raconte, raconte aussi la vie d’autres clients du bar, tous plus cabossés les uns que les autres.
Mabanckou s’amuse à parsemer le livre de titres de livres, de citations détournées d’auteurs, d’avis sur la politique africaine ou des anciens colons, sur la vie des couples, mixtes ou pas.

Voilà quelques Poèmes express qui en sont issus :
– Tombé d’un drapeau, j’ai gueulé qu’il ne fallait plus compter sur moi.
– Rendez-vous place des Fêtes, mais rien.
– Menace de tempête : fabriquer des fétiches et ricaner.
– La pitié a posé son dictionnaire et a parlé du vivre ensemble.
– J’ai attendu la fin du monde des nains de jardin.
– Dire aux canards lorsque ferme un parc.

(J’aime particulièrement ce Dire aux canards lorsque ferme un parc …!)
Cette Pièce Unique est offerte à Muriel F., encore une amie grande lectrice !

Ouest Track et nous – début février 2020

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Autour des livres, dans Viva Culture, le dimanche 2 février à 11h et, après, en podcast vous parle de Sisyphe est une femme de Geneviève Brisac.

Ouest Track et nous – début 2020

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Autour des livres dans Viva Culture, le dimanche 19 janvier, à 11 h et après, en podcast, vous parle de Sandra Laugier et des séries, à la suite du 5ème colloque sur les séries au Havre.

Un Norbert Elias : P U N° 95

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Norbert Elias (1897-1990) , on est d’accord, n’est pas un auteur de fiction, mais un sociologue-historien dont l’ouvrage majeur est Uber den Prozess der Zivilisation.
Né en Allemagneil en part en 1935, enseigne et vit en Angleterre jusqu’en 1975, s’installe ensuite à Amsterdam.
Le livre qui a donné ces Poèmes Express est La solitude des mourants, paru chez Suhrkamp en 1982 et en France, chez Bourgois, en 1985. Comme l’indique le titre, on isole les hommes à ce moment de leur vie. Et le XXème siècle – et sans doute le XXIème – le fait beaucoup plus que d’autres temps. Elias évoque aussi les personnes âgées parquées dans les Ehpad.

Quelques Poèmes Express :
– Les clients à l’animalité voudraient jouer.
– Des productions paraissent avoir un sens. Mais non. (*)
– On rencontre les morts dans des couches de vécu magiques.
– Elle perd une personne. Il cherche une personne.
– Contrôler le stock dont dispose la mort la soulage.
– Les médecins sont rigides et les mourantes le savent.

Cette Pièce Unique a été envoyée à l’auteur et énorme lecteur, François Bon. Il en a accusé réception :  » Merci, mais ce n’est pas mon univers. ». J’entends (*) et le remercie également d’avoir répondu.

(source de la photo : www.norberteliasfoundation.nl)

Chat bleu : décembre 2019 -2)

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On a aussi évoqué :
– 8 livres courts, choisis par Terres de paroles, sur le thème de l’amour. Quelques uns, ici , y participent : … la sélection crée ….peu d’enthousiasme …
– peu d’enthousiasme aussi pour le dernier James Ellroy …

Mais on n’a pas toujours été aussi désagréables et on a été séduits par des livres (très divers) :
dont des dictionnaires ! :
– Dictionnaire des mots rares et précieux, collectif, 2004, chez 10-18. Le plaisir des mots comme dans A rebours de Huysmans.
– Trouver le mot juste de Paul Rouaix, chez Armand Colin, maintenant au Livre de poche, où les idées sont suggérées par les mots. Ouvrage  très utilisé par Colette.
– L’anthologie de la poésie française de Georges Pompidou, 1961.

des romans évidemment :
– Il reste la poussière de Sandrine Collette, Denoël , 2016 : une écriture ! On est au début du XXème siècle en Patagonie, dans un petit domaine tenu par une mère veuve, terrible, et ses fils. Le plus jeune, victime des autres, se réfugie dans le travail et auprès de son cheval. C’est dur mais se finit sur une ouverture.
Vera Kaplan de Laurent Sagalovitsch, Buchet-Chastel, 2016 : On est en Allemagne pendant la guerre et à Tel-Aviv vingt ans plus tard. Vera est juive et elle aide les Nazis à piéger d’autres Juifs. On voit comment elle le vit et comment elle le paie.
– des Jean Echenoz pour son humour et son style, évidemment, chez Minuit : Envoyée spéciale, paru en 2016 et, à paraître dans deux jours, le 3 janvier 2020 : Vie de Gérard Fulmar.
– des Virginie Grimaldi, chez Fayard : Le reste de ma vie, et Il est grand temps de ranimer les étoiles qui fonctionnent sur le même système mais sont très agréables.
– des Françoise Bourdon, aux Presses de la Cité :La fontaine aux violettes, et La maison du cap : plusieurs générations de femmes, leur ascension sociale de la fin du XIXè à la seconde guerre mondiale.
Par les routes de Sylvain Prudhomme, Gallimard, 2019 : un homme fait de l’autostop et des rencontres.
– un document : Idiss de Robert Badinter, Fayard, 2018, maintenant au Livre de poche. Il y évoque sa grand-mère. Regardez donc La Grande Librairie où il en parle. C’est très beau !

BONNE ANNEE 2020 ! Lisez bien !

Rendez-vous au Chat Bleu le 9 janvier !