Un Richard Wright : P U n° 78

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Les enfants de l’oncle Tom sont 4 nouvelles de Richard Wright, parues aux USA en 1938, traduites en France, pour trois, par Marcel Duhamel et, pour la dernière, par Boris Vian, en 1946, chez Albin Michel. D’abord au Livre de poche, il est maintenant trouvable chez Folio. Ces superbes nouvelles sont sidérantes de dureté, de violence, dans les mots et les actes des blancs vis-à-vis des personnages noirs.

L’auteur Richard Wright est né en 1908 dans le Mississippi, à Natchez, qui fut le deuxième plus grand marché d’esclaves du sud des Etats-Unis. Allé vivre à Memphis, puis Chicago, il écrit le premier roman afro-américain à énorme succès : Native son en 1940. Il part pour la France en 1946, poursuivi par le Maccarthysme. Il prend la nationalité française en 1947, côtoie les Existentialistes et meurt en 1960 à Paris. Ses cendres reposent au Père Lachaise.
On peut trouver sur le net – mis en ligne en octobre 2018 – des propos de Richard Wright recueillis par la rédaction de l’ Express  en 1960 et une biographie est sortie en 2003, après l’ouverture d’archives du FBI, écrite par Hazel Rowley, Américaine d’origine australienne.

Voilà quelques Poèmes Express venus de ces nouvelles :
– N’importe quel idiot peut tuer n’importe quel imbécile.
– Tout son corps se ferma.
– La maison se changea en ventre.
– Visage dans l’oreiller, poitrine au plancher, ils nous tuent.
– Donner à une clôture de fer barbelé le cou, les bras et les jambes.
– Désespérément blanc, il tomba étourdi. A bout de blanc. Ses lèvres tremblaient.
– C’est jusqu’au dernier Dieu qu’un homme s’inquiète.

Cette P U n°78 est offerte à Valérie Zenatti. Son dernier livre sur Aharon Appelfeld, Dans le faisceau des vivants à l’Olivier, est une merveille d’humanité. Elle devrait revenir au Havre, à la librairie Au fil des pages le vendredi 28 juin.

 

Chat Bleu d’avril 2019 -2)

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On a aussi évoqué des auteurs américains :
– Historique, fabuleuse, d’une force inégalée : Flannery O’Connor (1925-1964): ses oeuvres complètes sont en quarto Gallimard : romans, nouvelles, essais sur la littérature où elle dit son credo : partir des personnages, faire sentir les choses.
– Sauvage, premier roman de Jamey Bradbury, 2019, Gallmeister. Traduction de Jacques Mailhos. « Entre thriller, fantastique et nature writing. Pour adultes et ados » ( Caroline, de la librairie Au fil des pages )
– Washington Black d’Esi Edugyan, éditions Liana Levi, 2018. Traduction de Michelle Herpe-Voslinsky : le troisième texte de cette auteure canadienne. Au XIXè siècle, à La Barbade, un jeune esclave du nom de Washington Black…
– Gratitude d’ Oliver Sacks, édition Christian Bourgois, 2016. Traduction de Salomé Wittmann.  Sacks, mort à 82 ans en 2015, avait écrit, dans les derniers mois de sa maladie, quatre essais lumineux sur la vie et la mort. Ils étaient d’abord parus dans le New York Times.
– une Mexicaine : Fernanda Melchor : La saison des ouragans, Grasset, 2019. Traduction de Laura Alcoba : inspiré d’un fait divers, la vie et la mort d’une sorcière.

et, évidemment, des Français(es) :
– Corinne Royer : de 2012, trouvable en poche, chez Babel, La vie contrariée de Louise. Cela se passe à Chambon sur Lignon, village résistant. Et chez Actes sud, 2019 : Ce qui nous revient, beau roman autour d’un fait véritable : la médecin Marthe Gautier qui se fit voler par Jérôme Lejeune la « m/paternité » de la découverte de la trisomie 21. Dans les deux livres, densité et habileté à intriquer deux histoires, personnelle et grande.
On a continué avec des textes en lien avec le soin :
– Rencontrer Darius de Mary Dorsan, P O L, 2019. C’est le troisième livre de cette infirmière psychiatrique. Pauline travaille auprès de malades criminels.
– Marcher droit, tourner en rond d’Emmanuel Venet, 2016, éditions Verdier. Long monologue d’un personnage atteint du syndrome d’Asperger pendant l’enterrement de sa grand-mère.
– Les gratitudes de Delphine de Vigan, 2019, J.C. Lattès. « Une belle histoire, de belles rencontres en EHPAD »…
– La nuit j’écrirai des soleils
de Boris Cyrulnik, 2019, éditions Odile Jacob. Sur les écrivains résilients, Jean Genet, Jean-Paul Sartre…
et puis nous sommes partis dans plein de directions :
– La solitude Caravage d’Yannick Haenel, éditions Fayard 2019 : son rapport intime à la peinture.
– Prendre la parole d’Alexis Jenni, éditions du Sonneur, un témoignage pudique de cet auteur qui devrait venir à la librairie Au fil des pages le 14 mai.

– Gare à Lou de Jean Teulé, Julliard 2019 : « drôle ! »
– En attendant Bojangles
d’Olivier Bourdeaut, paru chez Finitude en 2016, maintenant en Folio : aimé par l’une, détesté par une autre… pour la même raison : « son côté foutraque ».

Last but not least : foutraque aussi, décalé mais là, tout le monde s’accorde positivement : L’imagier Toc-Toc d’Edouard Manceau, 2018, éditions Milan. Pour tout petits.
Prochain Chat Bleu : le jeudi 16 mai .

Chat Bleu d’avril 2019 – 1)

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Nous avions le choix, pour parler livres, ce jeudi 11,
entre un Côte du Rhône rouge : un Baume de Venise, assez charnu, mais assez souple, gorgé de soleil, produit en agriculture raisonnée, vegan (c’est à dire ? demanderez-vous peut-être – nous, nous avons demandé – : filtré autrement que par du blanc d’oeuf, par exemple, par de l’argile.)
et un blanc plus minéral, un Bourgogne aligoté.
Nous avons évoqué :

 – L’université de Rebibbia de Goliarda Sapienza, paru en 1983 en Italie et en 2019 aux éditions Le Tripode : le séjour en prison de l’auteure en 1980 pour vol de bijoux. On l’y accompagne au plus près, dans les cellules ouvertes dans la journée, avec les femmes emprisonnées, Gitanes, politiques, voleuses, femmes qui veulent avorter, droguées, de milieu aisé ou plus pauvres. Toutes apprécient l’auteure et se la disputent. Elle les trouve belles. Un passage extraordinaire (p.175-181) est l’intervention d’ hommes en uniforme, d’abord pour fouiller une cellule, puis pour mater le désordre, l’effet qu’ils font à ces femmes : « … tout m’apparaît clairement : ici dedans on perd l’habitude quotidienne de l’homme, son absence physique grandit démesurément son image, rend sa force mystique. (…) dans l’expression de beaucoup d’entre elles il y a du désir pour ces hommes  tombés pour une fois au milieu de nous… »
– – — Travelling – un tour du monde sans avion 
de Christian Garcin et Tanguy Viel, 2019, J.C.Lattès : départ en porte-containers de Marseille pour New York, traversée des USA en voiture, bus, train, porte-container encore de Californie au Japon. Ferry pour la Chine. Train vers la Russie puis cars pour traverser l’Europe, passer à Auschwitz, et retrouver chacun son chez soi. Christian Garcin est un habitué des récits de voyage, pas Tanguy Viel. Garcin a déjà pratiqué l’écriture à 4 mains, pas Viel. Une réflexion sur le temps, sur la représentation qu’on a des lieux : p.76 : « Depuis longtemps New York s’est retranchée derrière son nom, comme remplie des images qu’il contient » qu’on vient vérifier plus que regarder. Et cela vaut autant pour la « Russie profonde », moins peut-être pour le Japon que la télévision a caricaturé.
Ils seront à la Galerne le 22 mai.
 Haine pour haine d’Eva Dolan, paru en Grande-Bretagne en 2015, traduit par Lise Garond chez Liana Levi. C’est le deuxième polar d’Eva Dolan en français. Le premier, maintenant en poche, a reçu le prix des lectrices Elle. C’est une histoire d’immigrés, de racisme, bien menée, avec l’inspecteur Zigic et la sergent(e) Fereira de la section des crimes de haine.

Au moment où…

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Au moment où
– on fête les 50 ans des premiers pas sur la Lune
– on peut voir, jusqu’au 22 juillet 2019, l’exposition La Lune- du voyage réel aux voyages    imaginaires : 190 oeuvres de l’Antiquité à nos jours, au Grand Palais à Paris.
– la sonde israélienne Beresheet, créée par une société privée, se crashe sur la Lune :

Lisez Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos !

Ouest Track et nous – le retour

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Bonjour !
Depuis le 31 mars, 11h, date et heure de première diffusion, vous pouvez entendre (n’importe quand )

sur Ouest track, radio sur le net,

dans Viva Culture,

nos impressions du Retour du Salon Livres Paris.

 

 

A partir du 14 avril, 11h, il est question du petit dernier des éditions  Rue du Départ : Un peu de lune dont on est forcément très fiers, comme de tout ce que nous avons fait depuis notre création en 2011… (« Si nous ne le disons pas, qui le fera ? » remarquerez-vous perfidement … Eh bien, non, les compliments sont nombreux : de lecteurs, de professionnels, d’inconnus !… Si Si, juré, craché !)