Boualem Sansal

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Boualem Sansal était au Havre ce soir, 12 octobre 2018, pour Le train d’Erlingen (édition Gallimard) : voilà quelques uns de ses propos :

– « Les mots sont magiques. Ce sont les mots qui créent les situations. » (…) «  La religion redéfinit les mots, requalifie le vocabulaire. » : « Nous, citoyens, sommes dans une situation incompréhensible. Dans le déni. » (…)

– « on est domestiqués, un peu comme La chèvre de monsieur Seguin, dans un confort tel qu’on peut accepter beaucoup. »

–  » Les philosophes actuels commentent. Les philosophes comme Voltaire ou Thoreau étaient des lutteurs » (…) « Je ne suis qu’un commentateur comme les autres. »

– « Quand on entre dans un livre, c’est comme quand on entre dans un saloon, il faut déposer les armes. En Algérie, on ne me lit pas : Boualem Sansal, c’est un mécréant… Laissez vos théories au vestiaire. » 

Nous parlons livres
– au Chat Bleu, jeudi 18 octobre, à partir de 18h15.
– sur Ouest Track sur le net, dans Viva Culture, à partir de dimanche 21 octobre, 11h.

Nous et Ouest Track – octobre 2018

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le 7 octobre, autour des livres dans Viva Culture, c’est l’Amérique !

 

 

(photo Dave Heath, expo
Le Bal)

Le 21 octobre, il est question de Tom Haugomat et Maylis de kérangal.

Ecoutez-nous ! C’est sur le Net.

à François-Michel Dupont

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La Pièce Unique n° 68 est faîte à partir de L’honneur perdu de Katharina Blum d’ Heinrich Böll (1917-1985), prix Nobel de littérature en 1972.
Böll a appartenu au Gruppe 47, groupe d’écrivains allemands dont faisaient aussi partie Ingeborg Bachman, Paul Celan, Uwe Johnson entre autres. Ce groupe a surtout fonctionné de 1947 à 1967. L’oeuvre de Böll  est liée à son engagement politique et à la situation en RFA : il était pacifiste, critique envers l’église catholique et a, dès les débuts du parti écologiste, soutenu les Verts.

L’honneur perdu de Katharina Blum, paru en Allemagne en 1974, et en France, au Seuil en 1975, a été porté à l’écran par Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta. Le sujet est l’éreintage par la presse d’une jeune femme à la suite d’un fait divers, éreintage que Böll avait lui-même vécu après son article de défense de Baader et Meinhof. Böll insiste ici sur les pratiques d’une certaine presse : la falsification des mots, les formulations volontairement erronées, les citations tronquées à dessein. Une sorte de fake-news… une pratique indémodable…

 

Voilà quelques Poèmes Express de cette P. U. :
Les faits sont nécessaires à la formation du cadavre. Sans émoi.
– Reconnaître la nécessité, cravate desserrée, d’une cigarette.
– Venir, refuser celui qui refuse de rougir, tendre vers la tendresse.
– Le mercredi avait eu un comportement bizarre dans ses moindres détails.
– Jeunes demoiselles dans une chocolaterie et cousines à fourrer dans son lit.
– En faisant fondre son sucre, la séduire et s’installer.

Cette P. U. est offerte à François-Michel Dupont, écrivain de polars aux éditions Le Vistemboir et enseignant au Collège Lycée Expérimental d’Hérouville-Saint-Clair. Quelqu’un pour qui les mots ont forcément du sens, doublement.