Encore des blogueuses qui ont bon goût!

Joséphine, du blog Unwalkers, nous parle de sa rencontre avec Nicolas Jaillet :

J’ai rencontré Nicolas Jaillet à Sang d’Encre ; un homme avenant, charmant, à qui j’ai acheté son dernier livre, La Maison. Curieuse de découvrir ses écrits, ce livre m’a semblé le bon choix. Pour sa couverture d’abord ; design, teinté de turquoise. Pour la 4e de couv ensuite, extrait de la préface, rédigée par Marcus Malte ; « Une angoisse, une oppression superbement rendue par la subtilité de l’écriture. Car écrire, c’est faire des choix : il y a ce que l’on montre, il y a ce que l’on suggère simplement, et il y a ce que l’on garde sous silence. Autant d’ingrédients que Nicolas Jaillet, en fin architecte, en solide maçon, en parfait magicien, dose. » J’avoue avoir été surprise, je ne m’attendais pas du tout à cela.
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Les actualités de RUE DU DEPART :

Le week-end des 16 et 17 novembre,

– THIERRY CRIFO est au festival de littérature noire de Lamballe.
– NICOLAS JAILLET est au salon du livre de Vienne
– Les Editions RUE DU DEPART sont à l’Autre Livre, salon des petits éditeurs à Paris

Un vin – des livres § 2

Un vin délivre

Cette fois, au Chat bleu, les vins étaient chiliens, produits dans les hauteurs: un Sauvignon blanc et un rouge Carménère, issus du Domaine Laroche des terres de Chablis , frais, intensément fruités.
Des livres, chiliens ou non,  les accompagnaient,
mais auparavant un post-scriptum espagnol : une grande lectrice-amie voulait dire tout le bien qu’elle pensait de  CONFITEOR, le dernier livre de Jaume Cabré, Actes Sud, 2013 : « profondément touchant, brillant, intelligent, virtuose de construction » sur lequel il a travaillé pendant huit ans et dont on sort « durablement impressionné, troublé, ému, admiratif »!!!!!!!

Chili : Le 2 octobre 2013, c’était la sortie nationale du documentaire LES ENFANTS DES MILLE JOURS,  de Claudia Soto Mansilla et Jaco Bidermann évoquant les trois ans de gouvernement de Salvador Allende avant sa mort au Palais présidentiel le 11 septembre 1973, avant la dictature d’Augusto Pinochet, certes terminée mais dont la constitution est toujours en vigueur… Anniversaire donc. Il semble que si l’on cherche en France des textes d’auteurs chiliens, on trouve principalement des livres d’émigrés politiques. L’un d’eux, le plus connu peut-être, Luis Sepulveda, fut arrêté, torturé, vécut en exil pendant 14 ans. HISTOIRES D’ICI ET D’AILLEURS, ed. Métailié 2011, repris en poche en collection Points est un ensemble de chroniques d’abord publiées dans un journal en 2009. Elles évoquent l’exil, les amis écrivains, le retour au Chili : « dans le discours officiel, tout a changé : maintenant on appelle ignorance le manque de courage civil et la complicité avec les criminels en uniforme, l’oubli des devoirs élémentaires est devenu de la négligence et l’assassinat, un excès. (….) concours d’euphémismes » (p.10), les mille jours : « chaque Chilien était membre d’au moins trois associations différentes. En y repensant, le mot élire m’a semblé beau et lointain, (…) Et je me suis également rappelé, avec un mélange de douleur et de honte, que j’avais fait partie de ceux qui, avec dans une main les plus douteuses interprétations du marxisme et dans l’autre les plus nobles intentions, avaient porté les premiers coups mortels à cette vie démocratique et saine. » (p.13), la croyance dans le livre comme salvateur quand (p.48), il évoque un adolescent « bibliothécaire volontaire dans une commune pauvre de Santiago », venu demander des livres : « je le regarde s’éloigner, convaincu et décidé. Cet agitateur de la lecture, ce dangereux combattant de la culture : je pleure, parce que tout n’est pas perdu ».
CHIENS FERAUX de Felipe Becerra Calderon né en 1985, est un premier roman et a reçu, à ce titre, le prix Roberto Bolano en 2006. Il est paru en France en 2011 aux éditions Anne Carrière. Ce livre parle aussi de la dictature alors que l’auteur, trop jeune, ne l’a pas vécue. Il dit dans son avant-propos qu’elle est entrée en lui par l’ouïe, avec tous ces gens qui, au cours de longs repas, en parlaient, qu’ils soient du côté des victimes ou des bourreaux. C’est un texte de plus en plus lyrique (p.126-127).
On a aussi évoqué :
– les polars de John Burdett, un ancien avocat d’affaires anglais. Tous se passent à Bangkok, avec un enquêteur métis incorruptible et nous plongent dans la culture bouddhiste… sur fond d’industrie du sexe.
– une merveille, HOME de Toni Morrison
– et une autre merveille, LES TROIS LUMIERES de Claire Keegan.

Le prochain rendez-vous est le jeudi 5 décembre à partir de 18h,
toujours au Chat Bleu parce que le vin délivre!

Sortie d’été…rnation : reparlons films et livres !

Les films de l’été et de la rentrée, on les a surtout trouvés remarquables par leur interprétation, de supers acteurs : Greta Gerwig dans FRANCES HA, les femmes des deux SHOKUZAI, Tahar Rahim dans GRAND CENTRAL, Adèle Exarchopoulos évidemment dans LA VIE D’ADÈLE, Cate Blanchett tout aussi évidemment dans BLUE JASMINE, mais aussi d’excellents figurants  et de tout petits rôles dans ELLE S’EN VA.

Un vin – des livres
Un vin délivre…
On s’est retrouvés pour la première fois au CHAT BLEU, 6 rue du Roi Albert à Sainte-Adresse un jeudi d’octobre. Nsenga parlait vin, un vin espagnol et on le buvait en parlant livres, espagnols ou non. Le vin choisi était du nord-est du pays, de l’Aragon : un vin chaud et rond, aux notes épicées qui naît d’un micro-climat idéal au pied de la Sierra del Moncayo : le Campo de Porja.

Les livres ont été :
LE CYCLISTE DE TCHERNOBYL de Javier Sebastian aux éditions Métailié, un roman, un bon, mais vraiment pas que! un texte hyper-documenté sur la catastrophe, sur la zone, sur ce qui s’est passé après pour les irradiés ou pour certains comme Vassili Nesterenko, expert du nucléaire, qui avait le tort de vouloir mesurer et révéler ses mesures de la radioactivité.
DIALOGUE AVEC NAVEGANTE au Diable Vauvert, dans son abondante collection tauromachique : des articles de spécialistes -Jose Tomas qui parle au taureau qui l’a encorné-, d’aficionados comme Podalydès et Vargas Llosa, qui défendent la pratique de la corrida.
TRAVESTI de David Dumortier aux éditions Dilettante était la touche érotisme -l’Espagne est un pays érotique-.. Il est poète mais écrit là un texte autobiographique: sa vie de travesti, ce « choix » lié à son enfance, à un père violent. Cette narration d’une vie autre se fait dans une langue souvent superbe.
Puis d’autres livres ont été évoqués, d’autres auteurs comme Jean Philippe Toussaint, ou des écrivains de polars ou de romans noirs que nous aurons peut-être la chance de voir au Havre, en juin 2014… la prochaine rencontre a lieu au même endroit le jeudi 7 novembre à partir de 18h. Qu’on se le dise! Le vin des livres/ Le vin délivre